Polémique « Macron trouve du travail en traversant la rue ». Tout le monde à faux.

Ainsi va le monde. Une polémique en chasse une autre mais jamais un débat constructif ne permet de traiter les véritables problèmes.

La mécanique est tellement répétitive qu’il est surprenant qu’elle continue de fonctionner et qu’elle se répète sans relâche.

Alors que le Président Macron était interpelé aujourd’hui par un jeune homme qui se plaignait de ne pas trouver de travail, il lui a répondu (à juste titre) que s’il traversait la rue avec lui, il en trouvait un.

Macron travail

Analysons un peu la situation :

  • D’abord, on a un jeune homme qui explique au Président ce que tout le monde sait puisqu’il y a plus de 3 millions de chômeurs. Il expédie des tas de CV (qu’il serait intéressant et instructif de voir), mais n’obtient jamais de réponse. Intéressant et constructif … passons.
  • Ensuite et surtout, le jeune homme en question dit être « horticole », c’est à dire que nous sommes en présence d’une personne qui a suivi une formation et qui, au terme de cette formation, ne sait toujours pas que le métier qu’il convoite est horticulteur.

Il ne s’agit pas de se moquer du jeune homme, au demeurant certainement très impressionné par les caméras et par le fait de s’adresser directement au Président, mais je trouve tout de même ce fait extrêmement révélateur et symptômatique du problème à côté duquel tout le monde passe, ou plutôt du problème que personne ne souhaite évoquer.

Le système éducatif français est en faillite totale de même que toutes les prétendues formations bidons qui sont dispensées à prix d’or aux demandeurs d’emploi par des organismes qui se sont greffés et s’engraissent autour de pôle-emploi, un autre ramassis de fonctionnaires dont la grande majorité des agents sont des fainéants et des planqués qui gesticulent à longueur de temps pour produire de belles statistiques plutôt que de s’occuper de faire baisser le chômage.

Je suggère vivement à nos politiques de faire la démarche de s’inscrire sous une fausse identité afin qu’ils puissent se faire une idée de comment ça marche, ou plutôt de combien tout ça est foireux de bout en bout. Comme on dit, il faut le voir pour le croire.

Est-ce qu’on peut vraiment blâmer pôle-emploi ? Certainement, mais ce serait facile de se défausser sur une instituion qui ne fait, somme toute, qu’appliquer la politique décidée en haut lieu.

Le fond du débat est le suivant. Le Président Macron a raison. Si lui, vous (je vous le souhaite) ou moi traversons la rue, alors nous trouverons un job. Mieux, nous pourrons choisir entre plusieurs propositions. Le problème, c’est que ce qui marche pour les personnes qualifiées ne fonctionne pas pour tous les exclus qui sont proprement inemployables. Vous auriez envie, vous, d’embaucher un type qui ne connait même pas le nom du métier qu’il a appris ?

Alors, oui, c’est vrai, il y a plein de postes non pourvus en France mais le fond du problème c’est qu’une large majorité des chômeurs sont inemployables aux conditions du marché, la faute à la cégété et autres syndicats qui paralysent le pays en imposant des contraintes insurmontables aux employeurs.

Pour comprendre, il convient d’avord de relever que la majorité des syndicalistes s’occupant du droit du secteur privé sont fonctionnaires ou assimilés (agents SNCF, employés Orange, EDF, facteurs, agents de pôle-emploi etc. …). Il est évident, et j’ai eu l’occasion de le vérifier durant de longues années, que ces syndicalistes défendent LEURS intérêts et leurs avantages acquis et qu’ils ne sont absolument pas motivés par la résorbtion du chômage. Ils s’en foutent puisqu’ils partent du principe qu’il y a de l’argent à profusion et qu’il suffit de continuer de le distribuer.

Réfléchissons à ce qui se passe : le marché du travail français est réputé pour être d’une rigidité sans pareil et les coûts salariaux sont très élevés en raison de charges qui pèsent sur l’emploi alors qu’elles ne le devraient pas. A titre d’exemple, il suffit de comparer le code du travail français qui fait plus de 5.000 pages quand celui de la Suisse, où il n’y a pas de chômage, fait 40 pages (!).

Mais alors, pourquoi ne pas s’inspirer de la Suisse et de pays où ça marche me direz-vous ?

Et c’est là que je trouve que ça devient intéressant. Les syndicalistes ont tout fait pour rigidifier et enchérir le coût du travail en France et ils descendent dans la rue à chaque fois qu’il est envisagé de bouger une virgule pour la simple et bonne raison que si le secteur privé pouvait fonctionner normalement, alors l’évidence sauterait aux yeux :

Notre « fonction publique » est particulièrement inefficace et ruineuse.

Selon le proverbe « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois », les syndicalistes font tout pour empêcher que les choses bougent. Ils ne veulent pas que les entreprises du privé soient compétitives et performantes, sans quoi on leur demanderait des comptes et à défaut d’obtenir des gains de productivité de leur part, on privatiserait. Et adieu le statut d’agent de la SNCF, la retraite avant d’avoir commencé à bosser etc. …

Si l’on était réaliste et volontaire, on déciderait de revoir notre système éducatif en profondeur (pas possible, tenu par les fonctionnaires et syndicats), on changerait le fonctionnement de pôle-emploi et les mécanismes de formation professionnelles (pas possible pour les mêmes raisons), on permettrait à un employeur de proposer à ce jeune un travail payé moins que le SMIC, parce que dans les conditions actuelles de charges et taxes, il est et restera inemployable. Pas possible, on taxerait alors le méchant patron d’être un vilain exploiteur et, finalement, on préfère laisser ce jeune sur la touche sans jamais lui laisser la moindre chance d’entrer sur le marché du travail, de faire ses preuves et d’évoluer. Au motif de le protéger, on l’exclue. Les syndicats protègent les travailleurs, ceux qui sont déjà en poste, et ils font tout pour éviter la compétition et l’arrivée de nouveaux petits jeunes qui en veulent et qui les forceraient à se remettre en cause et à véritablement se mettre au travail.

Si l’on voulait changer les choses, on cesserait de faire peser la CSG, la CRDS et toutes les charges de solidarité (CGSS de ceux qui ne travaillent pas) qui pèsent sur les travailleurs. Pas possible, les organismes de sécurité sociale, retraite etc. … sont tous cogérés par des syndicalistes qui s’engraissent en faisant rémunérer leur présence, leurs déplacements, repas etc ….

On voit bien que le Président Macron ne comprend pas pourquoi il y a tant de postes à pourvoir et tant de chômage. Il oublie l’inemployabilité et au fond, c’est bien pratique parce que si un responsable politique voulait véritablement regarder le problème tel qu’il se pose, l’évidence sur les mesures à prendre s’imposerait à lui, et ça, personne en France n’est prêt à l’assumer publiquement simplement parce que le pays est devenu inréformable et qu’il s’enfonce doucement (pas tant que ça) mais sûrement et que toute personne qui tenterait de le réformer pour le remettre sur le droit chemin serait aussitôt villipendée et huée par une foule de plusieurs millions de fonctionnaires (et sympathisants) défilants dans les rues du pays.

On connait la musique. Mais pendant que l’orchestre continue de jouer, le bateau France sombre …

Mise à jour :

Je viens de découvrir la déclaration surprenante du Ministre de l’Education Nationale qui ne manque pas de sel. Alors qu’on s’attendrait à ce qu’il déclare, « priorité aux élèves », ou bien encore priorité à l’éducation, la formation, que sais-je, voici quelle esr sa priorité : Priorité au pouvoir d’achats des professeurs

Moralité, tristement confirmée par les faits : les élèves, on s’en fout, ils sont la dernière roue du carosse.

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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