Tripatouillage des banques : une amende qui confirme que rien ne va plus

Comme à l’acoutumée, c’est en plein mois d’août, l’air de rien, que l’on apprend par un communiqué laconique de la BCE que le Crédit Agricole a été condamné à une amende d’un montant ridiculement faible de 4,3 millions d’euros pour avoir traffiqué ses comptes et, ce faisant, menti sur ses fonds propres à partir desquels sont calculés les ratios de solvabilité.

Sur son blog que je vous encourage vivement à consulter, cela fait plusieurs années que Jean-Pierre CHEVALLIER explique brillament ce qu’il en est véritablement de la situation des fonds propres des principales banques sans qu’aucun média soit-disant spécialisé ne s’y intéresse.

chevallier

C’est à se demander à quoi ils peuvent bien servir ces journaux spécialisés et tous ces experts, et cette situation questionne grandement sur leur loyauté envers leurs lecteurs et auditeurs.

La manoeuvre de la BCE est habile : en infligeant en 2018 une amende au Crédit Agricole pour des faits survenus en 2016, elle donne l’impression d’être rigoureuse et intransigeante et elle entretient l’illusion selon laquelle tout serait désormais sous contrôle, sous-entendu, « le Crédit Agricole s’est trompé, c’était une erreur mineure qui n’a pas eu de conséquence, ils ont néanmoins été sanctionnés, circulez, y’a rien à voir ».

La réalité est toute autre comme il est facile de la constater en lisant les articles de Jean-Pierre CHEVALLIER ou bien, pour les plus courageux, en se plongeant directement dans les comptes des banques en question.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, la BCE a « adapté » (pour ne pas dire perverti, même si c’est mon opinion) les règles de Bâle de sorte qu’une grande partie des dettes et engagements des banques ne doivent pas être couverts par des fonds propres considérant qu’ils seraient prétendûment sans risques (article 92 du Capital Requirements Regulation). On a très récemment eu l’occasion de voir avec la dette Turque à quel point cette accomodation était justifiée …

Les américains n’ont rien fait de tel chez eux avec leurs banques et ils sont parfaitement conscients de ce tripatouillage des européens ainsi que des conséquences dramatiques qu’il ne manquera pas d’engendrer. Le Donald sait parfaitement que l’Euroland a déjà un pied dans la tombe et c’est pourquoi il ne se prive pas de taper dessus. Il sait que les faits lui donneront immanqueblement raison et il sait très bien qu’il ne tient qu’à un tweet de faire s’écrouler ce chateau de carte.

En prévision de cette explosion du système bancaire européen, il a oeuvré pour qu’un maximum de capitaux américains reviennent au pays bien au chaud et à l’abri de la catastrophe qui s’annonce. C’est pourquoi le US dollar remonte face à l’Euro. Avec l’air d’agir de manière impulsive et incontrôlée, le Donald conduit en fait une stratégie redoutablement efficace dans l’itnérêt de son pays et des américains qui sortiront grands vainqueurs de cette tragédie européenne.

Et pendant ce temps, l’Europe se félicite « d’avoir sauvé la Grèce » et donc du retentissant succès de ses actions, ce qui pourrait faire rire si ce n’était pas aussi grave. Notez que même le FMI n’y croit pas. Pour cause …

Le mois d’août touche à sa fin et le krach dont je pensais qu’il interviendrait ce mois ci semble avoir été évité, une fois de plus, les conséquences du quasi-défaut de la Turquie ayant été minimisées et les problèmes mis sous le tapis avec d’autres.

Mon pari semble sur le point d’être perdu, il faut savoir le reconnaître et s’il y a bien une chose sur laquelle je me suis trompé de manière constante depuis plusieurs années déjà, c’est sur le timing. Je me souviens d’avoir parlé de la bulle Internet autour de moi en 1998 en annonçant plusieurs fois que le krach allait survenir de manière imminente. Il n’est finalement survenu qu’en 2000. Plusieurs potes qui ne m’avaient pas écouté, voire certains qui s’étaient gentiment foutu de moi, y ont laissé des plumes avec des pertes considérables.

A compter de 2003, j’ai tambouriné la tête à tout mon entourage pour tenter d’alerter mes amis sur les risques d’explosion des bulles immobilières US (on parlait alors de Fannie Mae et de Freddie Mac pour ceux qui s’en souviennent) et espagnoles. Finalement, il s’est avéré que j’avais eu raison trop tôt et finalement tort pendant les 4 années qui ont séparé ma conviction de la survenance du krach de 2007. Contrairement à moi, certains ont su bien en profiter dans l’intervalle, et d’autres y ont encore laissé pas mal de plume pour ne pas avoir su sortir trop tôt.

L’expérience que j’en ai retiré est qu’il est quasiment impossible de prédire le timing des évèvements à cette échelle, l’action des gouvernements et des plus puissantes institutions financières, avec le soutien complice des médias, leur permettant de repousser les limites au delà de l’immaginable.

En fait, et même si je continue de tenter d’anticiper, j’ai appris de mes erreurs passées, du moins je l’espère. C’est pourquoi, quand j’ai acquis la conviction que les banques chuteraient en août de cette année, j’ai tout de même acheté des Puts à échéance décembre 2018, ce qui est considérablement plus coûteux (plus l’échéance est lointaine, plus c’est cher), mais infiniment plus prudent. Et parce que ce ne serait pas du jeu sinon, j’ai affiché les positions que j’avais prises sur ce blog, histoire de montrer que je crois en ce que je raconte. Je continue de tenir ces positions et même si, comme fait exprès, les cours de Deutsche Bank, BNP et Société Géénrale remontent de 1,5% aujourd’hui pour le moment, mes paris restent très largement gagnants (pas loin de +81,5%) vu que les cours de ces banques ont déjà pris de sérieuses claques ces dernières semaines comme prévu.

Mais comme il n’en demeure pas moins que toutes les raisons que j’ai déjà évoquées et pour lesquelles je suis convaincu qu’un krach bancaire est imminent, je conserve et tiens mes positions en attendant la rentrée de septembre et les élections midterm américaines du 6 novembre prochain convaincu que Donald Trump prépare un coup d’éclat qui l’assurera d’une large victoire.

 

 

 

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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