Quand Bill Gates fait des comparaisons idiotes et dangereuses

Fondateur et actionnaire de Microsoft, Bill Gates régulièrement caracole en tête du classement des hommes (oui, il n’y a que des hommes parmi les 15 premiers !) les plus riches du monde.

Depuis qu’il s’est retiré de la direction de Microsoft, l’homme a entrepris un parcours phylantropique qui me semble être tout à son honneur même si certains de ses liens avec des entreprises (bigpharma) et certains de ses comportements ne font pas l’unanimité et soulèvent des critiques. Je ne sais personnellement pas quoi penser de ce que Courrier International (notamment) dénonce, et là n’est pas l’objet de mon propos aujourd’hui.

Sur son blog mais aussi sur Twitter, @BillGates a récemment expliqué sans rire, chiffres et études à l’appui, que les moustiques tuaient davantage en un jour que les requins en un siècle, ce qui n’est pas tout à fait faux mais totalement trompeur.

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Les esprits les plus affûtés n’auront pas manqué de relever l’absurdité de la comparaison qui consiste à mélanger des choux et des carottes. Est-ce quequ’un de censé aurait l’idée de comparer (par exemple) le nombre de personnes mortes par overdose de médicaments avec le nombre de personnes ayant contracté la rage suite à une morsures de chiens ?

Non. Tout simplement parce que c’est juste stupide et que ça n’a absolument aucun sens ni aucune pertinence. Même si la confusion qu’il sème dans les espits en comparant un animal qui tue à un insecte qui transmet un virus peut sembler parlante au premier abord avant que l’on y réfléchisse, elle n’en est pas moins ridicule, indigne d’une personne ayant une telle notoriété et une audience mondiale, mais surtout incidieuse et dangereuse.

Il convient d’abord de relever que Bill Gates, qui est devenu expert du sujet, ne peut pas ignorer que personne n’est jamais mort d’une piqûre de moustique. S’il est vrai que des gens meurent des suites d’une piqûre de moustique, ce n’est pas le moustique qui les a tués mais c’est le parasite qu’il a transmis qui a provoqué la malaria (aussi appelée paludisme) chez le sujet.

Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour relever que la différence entre une morsure de requin et une piqûre de moustique est à tout le moins très significative et pour le moins facile à identifier, même quand on porte des lunettes comme c’est son cas.

Notons enfin que le nombre de personnes exposées à une attaque de requin est très considérablement inférieur au nombre de personnes exposées à la malaria, donc, une fois de plus, que les échantillons de population étant très différents, la comparaison n’a pas de sens.

En quoi ce qu’il dit est-il problématique ?

En admettant, ce que je crois, que Bill Gates est de bonne foi et qu’il agit pour tenter de convaincre de l’importance de lutter contre les moustiques (il devrait plutôt parler des parasites et de la malaria elle-même d’ailleurs), il défend cette cause qui lui tient à coeur au détriment d’un autre fléau et il cause ce faisant un tort considérable aux personnes qui ont été victimes et/ou sont exposées aux rsiques d’attaques de requins et qui méritent tout autant d’être protégées.

Et ce n’est certainement pas en dénigrant les personnes mutilées à la suite d’une attaque de requin, comme il le fait indirectement en expliquant que finalement, c’est un problème très marginal, qu’il convaincra mieux de lutter contre les moustiques. Au contraire, en utilisant des comparaisons fumeuses et fallacieuses, il se discrédite et déssert la cause qu’il dit vouloir défendre.

Ce que son message dit « en creux » c’est : les gars, on n’a pas de problème de requins, ça ne mérite pas qu’on tente de protéger les personnes susceptibles d’être victimes d’attaque.

Mais l’homme, indiscutablement intelligent, se rend il compte de la gravité de ses propos ?

Est-ce que, selon sa logique, si l’on partait du principe que la maladie d’Alzeimher frappe et tue beaucoup moins de personnes que la malaria, il faudrait marginaliser cette maladie, voire même soutenir et conclure qu’elle ne mérite pas que l’on s’en occupe sérieusement ?

On entend souvent des comparaisons irrationnelles de ce genre dans la bouche des écolos, spécialement des Vegan et autres extrémistes tarés du genre de L-214 ou bien encore de Paul Watson et sa disciple lobotomisée qui rêvent de voir l’humanité revenir à 1 milliard d’individus et donc d’en éliminer une part considérable. Qui ? Selon quels critères au fait ? …

Dans leur bouche, ces comparaisons volontairement biaisées ne relèvent pas du hasard ou de la maladresse, elles sont savamment calcultées et volontairement martelées avec force pour tenter de ralier le plus grand nombre mais aussi et surtout pour servir des arguments et buts inavouables comme par exemple se réjouir que des requins mangent des humains.

En reprenant leurs arguments, Bill Gates commet une grave erreur et il serait bien avisé de revoir sa copie s’il veut qu’on accorde un peu de respect et de crédit à son action.

 

 

 

 

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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