L’UE, cette prison. Quand Michel Barnier négocie le Brexit sans mandat des européens

Le Royaume-Uni est la plus ancienne démocratie du monde (1215, promulgation de la Grande Charte « Magna Carta » en Angleterre, premier texte reconnaissant des libertés et des droits aux sujets d’un royaume. Limitant l’absolutisme royal, elle représente un des piliers de la tradition constitutionnelle anglaise) et son parlement continue de respecter les décisions votées par le peuple.

C’est ainsi que lorsque les anglais ont choisi de quitter l’union européenne, et ce alors même que, probablement bien conseillés par les monétaristes américains (leurs alliés de toujours), ils n’étaient pas les plus exposés du fait qu’ils avaient déjà eu l’intelligence de ne pas abandonner la Livre Sterling plutôt que d’adopter cette monnaie inique qu’est l’Euro, un nouveau gouvernement a été formé dans le but de mettre en oeuvre le Brexit souhaité par le peuple.

Quoique l’on en dise, voici un bel exemple de démocratie dont la France, pourtant toujours prompte à donner des leçons internationales, devrait s’inspirer. Souvenez-vous de la manière dont le traité de Lisbonne a été adopté par Sarkozy envers et contre le précédent refus des français (référendum français de 2005 s »opposant au traité de Rome), en se dispensant d’un nouveau référendum dont l’intéressé savait d’avance qu’il conduirait à un refus.

Mais qu’importe, si les français avaient voté contre, c’est parce que les gens sont des imbéciles qui ne savent pas ce qui est bon pour eux, c’est bien connu, tandis que les politicards professionnels, eux qui n’ont jamais exercé dans le privé, eux qui vivent dans une bulle dorée au frais des contribuables, eux, savent parfaitement ce qui est bon pour nous et nous l’appliquent malgré notre refus.

Bien sûr, tout n’est pas rose au Royaume-Uni puisque le résultat du scrutin s’est joué de peu en faveur du Brexit, parce que le Royaume-Uni est composé à la fois de l’Angleterre, de l’Irlande du nord, du sud, du pays de Galle et de l’Ecosse. Autant dire que les positions divergent et que les débats continuent d’être vifs et nourris, ce d’autant que l’échéance de mise en oeuvre du Brexit, prévue le 29 mars 2019, approche à grand pas sans qu’aucune solution intelligente ne se dessine.

On entend même des voix s’élever et des pétitions se signer pour réclamer un second vote des anglais, ce qui ne manque pas de sel. Si l’on suivait cette logique de second vote, cela reviendrait à demander aux gens de voter et de revoter autant de fois que nécessaire jusqu’à qu’ils acceptent la solution que l’on tente en vain de leur faire accepter. Autant se dispenser alors d’un vote comme n’ont pas hésiter à la faire les dirigeants français.

Mais le plus fort, dans tout ça, c’est de constater que si les négociations patinent et se tendent, c’est essentiellement dû au fait que toute l’Europe a confié à un seul homme, Michel BARNIER, le soin de négocier pour elle. Sur la base de quoi ? Selon quelles consignes ? Quand les européens ont-ils été consultés ? Qu’en pensent-ils ?

On vous dit que l’on s’en fout !

Souvenez-vous qu’au moment du vote des anglais, on entendait les européens affirmer et soutenir que si les anglais partaient, ils seraient largement perdants. Un an plus tard, l’Europe « découvrait » que finalement, elle avait beaucoup plus à y perdre. Tiens donc, on nous aurait menti ?

Toujours est-il que finalement, un homme, un seul, quelles que puissent être ses qualités personnelles, négocie pour notre compte et sans notre avis, et tout cela bien sûr sans courir le moindre risque d’avoir un jour à en supporter personnellement les conséquences.

Or, les technocrates européens comme Barnier sont moins préoccupés par l’efficience et l’efficacité que par l’image. Ils veulent à tout prix que le Brexit serve d’exemple afin de dissuader d’autres pays dissidents de quitter l’Europe à leur tour. Qu’importe pour eux que le Brexit puisse coûter des milliards à l’Europe, ce qui compte, c’est que l’Europe perdure aussi longtemps que possible dans sa forme actuelle, celle qui leur permet d’exister. Au delà d’un nouveau déni de démocratie, c’est un suicide économique à laquelle l’Europe se prépare, conduite par des technocrates prêt à tout pour conserver leur poste et continuer de vivre aux frais de la princesse.

Tout cela se passe dans le plus grand silence médiatique, sans qu’aucune voix européenne ne s’élève ou ne s’oppose, sous l’égide d’un seul homme dont l’exemplarité et l’intégrité sont tout de même sujet à question si l’on en croit les informations révélées par Mediapart.

C’est fou. Un jour, les européens sortiront de leur torpeur actuelle et des millions de gens réaliseront l’ampleur de la catastrophe à laquelle ces technocrates illuminés les ont conduit. Il sera trop tard, le mal sera fait, la facture sera très très chère à payer pour les générations futures.

barnier

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