Les déséquilibres de Target 2, l’infernale planche à billet de la BCE, dépassent les 1.000 milliards !

Target 2 est une usine à gaz que personne de censé n’aurait jamais osé inventer sauf s’il ne c’était agi de faux monnayeurs voulant imprimer de l’argent sans limite. Mais comme toujours, toutes les « martingales » finissent mal et c’est ce qui est sur le point de se produire tant les déséquilibres et les excès deviennent grands et insoutenables.

J’ai déjà eu l’occasion de parler de Target 2 dans un précédent article mais je pense nécessaire d’y revenir pour tenter de l’expliquer simplement afin que chacun comprenne mieux les raisons et motivations pour lesquelles ce dispositif a été créé et pourquoi il est sur le point d’exploser.

Revenons d’abord à l’origine du problème. La création de l’Euro a très largement profité à l’Allemagne comme on peut le voir sur le graphique suivant, issu du site Perspective Monde :

Commerce allemagne.png

Ainsi, l’Allemagne a notamment vu la balance de son commerce extérieur devenir positive et sans cesse croître depuis l’introduction de l’Euro, ce qui n’est pas un hasard, puisque le pays produit et exporte des matériels haut de gamme qui profitent largement du fait que l’Euro est sous-évalué par rapport au Deutsch Mark, l’Euro étant une moyenne des monnaies européennes, et le Mark étant la monnaie la plus forte de la zone au moment de l’introduction de la monnaie unique. Le père Donald n’a d’ailleurs pas manqué de le relever dès le lendemain de son élection, se plaignant de voir les allemands profiter d’un avantage compétitif immérité, du fait de la sous-évaluation de leur monnaie. Et il ne donne pas l’impression de vouloir lâcher l’affaire.

De son côté, la France, subissant tout à la fois l’effet de l’Euro et les politiques socialo-communistes des présidents successifs, qu’ils se prétendent de droite comme Sarkozy ou bien de gauche comme Hollande, a vu la balance de son commerce extérieur fondre comme neige au soleil pour devenir chroniquement déficitaire, signe d’une perte de compétitivité tendancielle du pays.

Commerce extérieur France.png

Tous les pays du sud de l’Europe ont subi, de différentes façons et avec plus ou moins de violence, les effets négatifs de l’Euro et les déficits des états se sont significativement accrus.

Il faut ajouter que, dans le cas de la France, Sarkozy a bien aidé le pays à sombrer dans le déficit en dépensant des milliards sans compter et sans jamais demander l’avis des français, soi-disant pour sauver le « système financier », ce dont il n’a pas cessé ensuite de se féliciter. On n’est jamais mieux servi que par soi même… En réalité, au lieu de flinguer les banques qui méritaient de l’être du fait qu’elles avaient joué aux apprentis sorciers, ce qu’ont fait les américains avec la banque Lehman Brothers, Sarkozy les a renflouées gratuitement avec notre argent, commettant le triste record du plus important déficit jamais généré par aucun autre président avant (ni après) lui, en le faisant passer de 1.600 à 2.100 milliards d’Euros en 5 ans, soit la modique somme de 100 milliards par an !

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Même cette triple nouille de Hollande, qui a commis bien d’autres dégâts par ailleurs (chacun sa spécialité …), n’a réussi a augmenter le déficit que de la moitié en 5 ans, soit tout de même 250 milliards qui représentent encore 4.000 Euros supplémentaires par français.

 

Les statuts de la BCE l’empêchant de prêter directement aux états européens en déficit, qui en avaient pourtant cruellement besoin, c’est là que nos brillants faux monnayeurs ont enclenché les machines à cogiter et conçu Target 2.

Résumons simplement comment Target 2 fonctionne en prenant l’exemple d’un français qui s’achète une BeMyWife en imaginant, pour simplifier, qu’il dispose sur son compte de la somme nécessaire pour la payer (il ne fait pas de crédit dans notre exemple mais ça n’y changerait rien) :

Notre brave français a décidé de casser sa tirelire pour s’acheter la voiture de ses rêves qui ne manquera pas d’attirer et de séduire toutes les filles du village. C’est connu ,-)

Il se rend donc à la concession BMW la plus proche de son domicile, choisit la couleur et les options de la voiture de ses rêves et puis remet au vendeur un chèque tiré sur son compte à la BNP (certifié vu le montant)  lequel lui remet la voiture en échange. Jusque là, rien de plus normal.

La concession BMW de son village entreprend alors de payer la maison mère de BMW à Munich et il établi un virement depuis son propre compte bancaire à la Société Générale vers le compte de BMW à la Commerzbank en Allemagne où BMW a son compte. D’ordinaire, dans un monde normal, la Société Générale enverrait l’argent directement  à la Commerzbank qui le créditerait alors sur le compte de BMW, mais ce n’est pas ce qui se passe.

Voici donc l’entourloupe :

La Société Générale débite le compte de BMW en France ;

Elle vire alors l’argent sur le compte de la Banque de France qui, au lieu de le virer ailleurs, passe une écriture sur Target 2 à la BCE, laquelle enregistre la créance sans pour autant avoir reçu l’argent. Autrement dit, aucun argent n’a été envoyé par la banque de France à la BCE, cette dernière a juste écrit dans sa comptabilité Target 2 que la Banque de France lui devait le montant de la voiture.

Dans le même temps, Target 2 informe la Banque centrale allemande qu’elle crédite son compte d’autant dans ses livres, mais sans pour autant lui envoyer l’argent, de sorte que la banque centrale allemande crédite alors le compte de la Commerzbank qui affecte cet argent au compte de BMW Munich.

Résumons ce qui s’est passé :

Le français a payé sa voiture. BMW Allemagne a été payée, mais … la banque de France doit le prix de la voiture en question à Target 2 qui doit cet argent à la banque centrale allemande, laquelle a tout de même payé BMW Allemagne. Avec ce qu’il convient d’appeler un tour de passe-passe, l’acheteur a payé, le vendeur a été payé, mais … la banque de France a pu capter de l’argent qu’elle n’aurait jamais dû conserver et qu’elle a pu utiliser pour racheter de la dette de l’Etat français, toutes choses que la BCE ne pouvait légalement pas faire.

Et voila, le tour est joué.

Et donc, comme on peut le voir sur le tableau récapitulatif ci-dessous, issu du site de la BCE,

Target 14 07 2018

Ainsi, au dernier pointage, l’Allemagne était créditrice de 958 milliards, tandis que l’Espagne était débitrice de 393 milliards, la France de 83 milliards et l’Italie de la modique somme de 464 milliards … !

En théorie, il faudrait donc que la banque d’Italie verse 464 milliards d’Euros à Target 2 afin que cette dernière puisse rembourser l’Allemagne et/ou le Luxembourg et/ou la Finlande, que la France, l’Espagne et d’autres en face de même, etc …, le tout pour que tous les soldes Target 2 reviennent à zéro.

Pour que chacun puisse prendre la mesure de l’impossibilité de résorber cette situation folle, hors de tout contrôle, créée de toutes pièces par la BCE et les banques centrales nationales de la zone Euro sans le consentement de leurs peuples respectif, prenons l’exemple de l’Etat français dont la banque centrale doit 83 milliards d’Euros à Target 2.

Le budget de l’Etat français est composé de ses recettes + les nouvelles dettes qu’elle contracte. Ainsi, alors que les recettes de l’Etat français s’élèvent à environ 250 milliards d’Euros par an, son budget total est de 330 milliards d’Euros, soit plus de 80 milliards d’Euros d’argent non gagné dépensé en plus, ce qui est déjà délirant quand on pense que cela représente 33% d’excédent de dépenses par rapport aux recettes.

On vous embrouille avec succès en exprimant le déficit en pourcentage du PIB et en parlant de 3% mais c’est ridicule et volontairement alambiqué.

Autant dire qu’avant que la France puisse baisser ses dépenses de 80 milliards puis dégager assez de marge pour pouvoir commencer à rembourser Target 2, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.

Et dans ces conditions, que dire de l’Italie ou de l’Espagne ?! …

Le peuple allemand, repris par plusieurs de leurs élus, commence à réaliser qu’il ne reverront jamais la couleur de cet argent, tandis que les italiens n’ont aucune intention de rembourser quoi que ce soit à l’Allemagne.

Et les allemands qui viennent de voir la barre symbolique des 1.000 milliards franchie récemment commencent à paniquer tout en disant STOP. Plus question de continuer à alimenter la planche à billet des pays du sud. Dès lors, les pays du sud, l’Italie en tête, ne pouvant bientôt plus se financer, ils n’auront pas d’autre choix que celui de faire défaut, ce que fera donc probablement l’Italie la première.

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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