Retournement des marchés : tous les voyants virent au rouge

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer à plusieurs reprises, le père Donald, que tout les élites et médias bien-pensants et donneurs de leçons font passer pour un sombre abruti, a entrepris de remettre son pays en bonne place dans l’économie mondiale avec l’objectif de réduire les déséquilibres de la balance commerciale US en cassant les déséquilibres immérités (monnaie Allemande sous-évaluée, dumping et barrières réglementaires chinoises etc… ) qui pénalisent son pays.

S’il est vrai que le père Donald a des comportements à tout le moins « non-conventionnels » qui ne manquent pas de surprendre, voire de choquer, il semble bien qu’il est tout sauf un imbécile et que tout en donnant l’air d’agir impulsivement et de manière irréfléchie, il suit en fait une ligne de conduite parfaitement définie et connue de lui et de ses proches. Alors que tous les idiots se focalisent sur ses mauvaises manières, ils oublient de chercher à comprendre ses objectifs et sa stratégie pour les atteindre.

Comme le disait très bien mon vieux pote Lao-Tseu, « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. »

Avec la nomination d’un nouveau directeur de la FED, le père Donald a décidé de dynamiter le système en remontant ses taux directeurs de manière à ramener les dollars vers les USA pour assécher et faire éclater le système bancaire européen tout en affaiblissant les concurrents des USA. L’économie US n’a quasiment jamais été aussi forte et la FED vient tranquillement d’expliquer au monde entier que quand le système bancaire péterait, prochainement, son propre système bancaire tiendrait. Elle vient donc, fort opportunément, de publier un rapport de stress test de ses banques systémiques montrant qu’elles étaient solides et suffisamment capitalisées et qu’en cas de grosse grosse catastrophe généralisée, les efforts à faire pour les sauver seraient loin d’être insurmontables pour le pays.

Sur son blog, l’économiste Jean-Pierre Chevallier montre depuis plusieurs années qu’il n’en est rien du système bancaire européen qui ne pourra pas résister au prochain choc systémique et j’ai déjà évoqué le cas emblématique de la Deutsche Bank à plusieurs reprises.

Notez enfin, avant que j’en vienne à l’analyse des signaux et indicateurs de stress, que l’an dernier, quand le père Donald a baissé l’impôt sur les sociétés US en disant que de cette manière les grands groupes allaient rapatrier les sommes colossales qu’ils avaient amassées à l’étranger dans des pays off-shore, tous les imbéciles habituels se sont moqués de lui et nous ont juré qu’il n’y comprenait décidément rien et qu’il faisait fausse route. Jugez plutôt du résultat : on apprend hier que les entreprises américaines ont d’ores et déjà rapatrié plus de 305 milliards de dollars !

Venons-en maintenant aux indicateurs, en commençant par une citation récente de Christine Lagarde, la directrice du FMI : « cloud over global economy are darker by the day« . Avis de forte tempête ! Reconnaissons qu’on peut difficilement être plus clair dans sa position et qu’il faut être idiot pour continuer de croire que tout va bien se passer comme on ne cesse pourtant de nous le seriner. Dormez tranquilles, braves gens, on s’occupe de tout, et en particulier de vos économies.

La Réserve Fédérale de St-Louis est un inépuisable gisement de statistiques et parmi tous les indicateurs qu’elle permet de suivre, il en est un qui s’est toujours avéré juste pour prédire les retournements de marché. Il s’agit du Spread (écart) entre les taux d’emprunts obligataires US à 10 ans et 2 ans. Comme le montre bien son graphique ci-dessous, à chaque fois que cet indicateur est passé sous la barre des 35 points de base (0,35%), un retournement est survenu peu après.

Fed

Le principe est simple et j’en ai déjà parlé ici : si les investisseurs anticipent qu’il n’y aura pas de différence entre l’échéance 10 ans et l’échéance 2 ans, c’est qu’ils anticipent une déflation prochaine et ne veulent pas parier sur le long terme.

Or, après des mois de baisse quasi-continue de 4 ans, le Spread a clôturé vendredi soir dernier (21 juin 2018) à 0,34 comme le montre le graphique suivant :

Fed 2

Les choses se précisent, l’euro-éclatement est proche.

Par ailleurs, un autre indicateur permet d’apprécier le contexte et de mieux comprendre ce qui se passe. Il s’agit du Libor, dont vous avez sans doute entendu parler lorsque la Société Générale a été condamnée pour l’avoir manipulé en mentant sur ses comptes afin de pouvoir emprunter moins cher,  ce qui a entrainé le renvoi de ses principaux cadres dirigeants.

Selon le site Andlil, le Libor est : « Le London Interbank Offered Rate (LIBOR) est un taux d’intérêt de référence du marché monétaire interbancaire à Londres. Il est publié chaque jour à 11h par l’Association des Banques Anglaises (British Bankers’ Association). Il est déterminé pour de nombreuses devises telles la livre sterling, le dollar ou le yen. Son calcul permet de déterminer la solvabilité d’un échantillon de banques dans le monde. C’est l’un des principal outil de comparaison (benchmark) des banques et il sert de référence pour certains produits financiers tels les futures ou les options.«

Les banques ont besoin de se prêter et d’emprunter entre elles et le Libor leur sert à définir à quel taux telle ou telle autre peut emprunter aux autres, ce critère dépendant d’une part des taux directeurs, d’autre part de la fiabilité de la banque, et aussi enfin de l’abondance de liquidités. En effet, plus la liquidité se fait rare, plus celles qui sont en mesure de prêter sont en mesure d’exiger un taux élevé.

Comme on le voit sur le graphique suivant, la remontée du taux Libor a quasiment toujours été corrélée à la survenance d’une crise, ce qui est plutôt normal puisque c’est le signe, soit que les banques ne se font plus confiance, soit que les liquidités se font rares, ce qui présage d’un ralentissement de l’économie. Comme on le constate aussi, le Libor est en train d’entamer une phase haussière qui illustre les tensions sur le système bancaire auxquelles la FED n’est pas étrangère du fait de la politique qu’elle mène comme je l’ai expliqué plus haut, ce que les investisseurs relèvent et suivent de près.

Libor

La Merkel et le Macron (les M&M’s) ont beau nous expliquer qu’ils veulent instaurer une union bancaire pour sauver le tout en 2021 (rires !), ce qui ne se fera pas d’ailleurs car plusieurs des 27 pays de l’UE n’en veulent pour rien au monde, spécialement ceux qui n’ont pas commis la folie d’adopter l’euro, l’éclatement de la zone Euro surviendra avant cette date qu’ils le veuillent ou non.

Tout est en place du côté US, le père Donald sait qu’il ébranle les marchés dits émergents et il sait que l’explosion de l’UE via son système bancaire est inéluctable. Il en est tellement certain qu’il s’est permis de jeter des bonbons à Merkel lors du dernier G7 comme le rapporte plusieurs médias dont BFM ici :

« il s’est levé, a mis la main dans la poche de la veste de son costume, en a sorti deux friandises Starbust, les a lancés sur la table et a dit à Angela Merkel : ‘Tiens Angela, et ne dis pas que je ne te donne jamais rien »

Les européens ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, ils sont les seuls et uniques responsables de leur autodestruction. On ne peut pourtant pas se réjouir de ce qui se passe car au delà de la ruine des peuples européens que la faillite de leurs banques et la disparition de l’Euro entrainera, il y a fort à parier que les extrémismes vont grimper en flèche, faisant ressurgir ce que l’Europe a connu de pire avec l’avènement d’Hitler.

Je ne comprends pas quels plans nos leaders ont en tête, mais quand je vois Merkel, suivie de près par Macron, plaider pour encore et toujours plus d’immigration contre la volonté des peuples, je me dis que s’ils voulaient nous conduire au chaos, ils n’agiraient pas autrement.

Il me semble plus que jamais urgent de sauvegarder vos avoirs en les plaçant dans une banque solide en convertissant tous vos euros en USD, voire en JPY. Tous les marchés baisseront, y compris le Nasdaq qui est le seul qui continue encore de monter mais dont les valorisations stratosphériques ne tiendront pas à ces niveaux quand la panique gagnera les marchés.

Il est peut-être intéressant d’envisager d’investir une petite partie de vos liquidités en argent métal, le cours de ce dernier étant historiquement bas par rapport au dollar (courbes ci-dessous), ce qui n’est pas le cas de l’or que je préfère éviter, comme les crypto-monnaies dont je doute qu’elles résisteront aux chocs à venir.

Silver

silver 2

Enfin, bien malin celui qui saurait prédire le timing exact, mais une chose est certaine, c’est que c’est désormais imminent.

Est-ce que l’Italie quittera l’Euro durant l’été en faisant imploser l’Euro (elle aurait raison de le faire dans son propre intérêt) ou bien est-ce que le père Donald calmera le jeu jusqu’à décembre histoire de ne pas perturber les prochaines élections mid-term américaines qui sont capitales pour lui ?

Qui vivra verra.

 

A lire aussi : le plan de l’Italie pour sortir de l’Euro.

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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