Les entrepreneurs ne seront bientôt plus propriétaires de leur entreprise

C’est bien connu. Lorsqu’un responsable politique commence à voir sa cote de popularité s’effriter dans une part de son électorat, il s’empresse aussitôt de faire des annonces censées apaiser et rassurer le bon peuple afin que ce dernier puisse l’idolâtrer à nouveau.

Sans surprise, notre bienaimé « Monsieur le Président » (oui, c’est comme ça qu’il faut dire maintenant sous peine de se prendre une tarte dans la figure) se comporte comme ses collègues, amis et prédécesseurs , en bon énarque qu’il est. Quand on y pense, c’est fou comme tous ces gens sont façonnés dans le même moule et finalement tellement prévisibles.

Donc, voila-t’y-pas que plusieurs de ses conseillers se mettent à alerter Monsieur le Président, de manière insistante, sur le fait qu’il ne serait pas assez social et que ça commence à grogner dans les rangs.

J’en entends déjà parmi vous qui ricanent et qui s’attendent à ce que dans un élan de générosité, soucieux de plaire à son peuple, notre édile se mette à distribuer la vaisselle si chèrement acquise.

Que nenni ! Ils ont trouvé bien mieux … et tout ça en conservant la vaisselle.

Et le cadeau, auquel aucun de nous n’a rien compris tant c’est confus, s’appelle la loi Pacte. J’avais déjà eu l’occasion d’attirer votre attention sur les risques qui se profilaient après que j’aie entendu Nicole Notat nous expliquer que : « actuellement, 100% des profits des entreprises sont dirigés vers les actionnaires, ce qui n’est plus acceptable dans notre société moderne« . On sentait déjà le coup venir, et d’ailleurs, le vendeur de shampoings champion de la collecte de fonds par fondations interposées, en avait remis une couche pour le cas où l’on aurait pas compris : « Nous allons faire évoluer l’objet social des entreprises, qui ne peut plus être le seul profit, sans considération pour les hommes et les femmes qui travaillent, sans regard sur les désordres environnementaux« .

Comme c’est beau …

black and gray angel statue decor
Photo by Anastasia Zhenina on Pexels.com

Et bien voila, c’est fait.

Ah bon ?! Mais comment est-ce possible puisque tous les médias mainstream nous expliquent que c’est super la loi Pacte et que ça va booster la compétitivité des entreprises françaises, tout en nous expliquant dans le même temps -il est vrai- qu’elle sera plombée quoiqu’il arrive…

Et bien, comme souvent, le diable se cache dans les détails, et si je parle du diable, il me semble que ce n’est pas exagéré tant les conséquences des modifications envisagées seront dévastatrices pour les PME et pour les entrepreneurs.

Voici ce que dit le code civil (Napoléonien) à ce jour : « Toute société doit avoir un objet licite et être constitué dans l’intérêt commun des associés »

En clair, le code civil a été écrit en un temps où l’Etat devait être le garant de la propriété individuelle. Mais ça, c’était avant.

Et voici la modification du même article du code civil que le gouvernement propose : « La société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité« .

Dit autrement, l’Etat s’apprête discrètement à vous priver du droit le plus élémentaire dont il est censé être votre garant. Selon nos élites, l’entreprise existe et vit par elle-même et peu importe si c’est avec votre argent, votre investissement et vos sacrifices personnels qu’elle est créée et développée. Désormais (pour être exact une fois que la loi aura été votée), vous (l’entrepreneur ou les actionnaires) ne pourrez plus décider seul de la conduite à tenir ni de céder votre entreprise si ce n’est pas « dans son intérêt propre ».

Mieux que la vaisselle, l’Etat s’apprête à offrir votre entreprise sur un plateau à vos salariés.

Autant vous dire que bien qu’ils feignent d’être révoltés par les 2 ou 3 concessions qui seront faites aux TPE/PME que l’on va alléger de la portion congrue des contraintes qui pèsent déjà sur elles, les syndicalistes se frottent les mains car la nouvelle rédaction du code civil va ouvrir des portes qu’il sera désormais impossible de refermer. Pour sûr, Nicole Notat aura sa statut posée sur l’autel des tombeaux des entrepreneurs français qu’elle aura réussi à spolier ni vu ni connu, avec la complicité coupable du patron de Michelin qui, croyant pouvoir briguer la présidence du Medef, était prêt à laver plus blanc que blanc sachant très bien par ailleurs que les grandes entreprises disposent d’ores et déjà de tous les moyens nécessaires pour imposer leur volonté quoiqu’il arrive.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on fait des cadeaux aux TPE/PME qui n’y verront que du feu, occupées qu’elles sont à tenter de survivre dans cet environnement hostile.

Ce que cette loi propose, c’est tout simplement de priver les entrepreneurs et les actionnaires du fruit de leur investissement exactement comme l’ont fait tous les pays communistes en son temps, avec le succès que l’on connait. Ce que l’on vous propose, c’est un modèle de co-gestion de VOTRE argent. Nous allons tous jouer au casino avec VOTRE argent, et si on gagne, on partage, tandis que si on perd, ben … vous perdez.

Pile je gagne, face tu perds, voici le nom que l’on aurait dû donner à cette nouvelle loi !

Ce que l’on nous propose, c’est d’appliquer le programme du trotskiste Benoît Hamon (souvenez-vous), c’est de répliquer le modèle d’AIR FRANCE ou de la SNCF dans votre entreprise, en laissant les syndicats s’immiscer au coeur de la gestion et se comporter en actionnaires sans l’être, au point de plomber l’entreprise comme ils l’ont fait pour celles là et pour tant d’autres.

Toute cette histoire est très grave. Il me semble qu’au travers de ce projet, le gouvernement envisage de briser les valeurs fondamentales et républicaines qui font qu’un citoyen est disposé à accepter de confier le pouvoir et le monopole de la violence légitime à un gouvernement afin que ce dernier puisse assurer sa sécurité ainsi que celle des biens qu’il possède. Sans ce pacte de confiance, quand l’Etat choisit de trahir les missions régaliennes qui lui ont été confiées par le peuple, l’issue dramatique est inévitable. C’est une trahison et c’est du vol qualifié, rien d’autre.

Tout ceci me rappelle furieusement le principe de précaution que cette grande nouille de Chirac a fait inscrire dans la constitution, créant ainsi un désordre et des situations aussi ubuesques qu’inextricables. Personne n’avait vu venir la manipulation des escrolos-bobos mais chacun de nous continue d’en payer le prix.

On peut citer par exemple le cas de La Réunion, département français de l’océan indien où l’Etat a décidé, selon ce principe, il y a bientôt 20 ans, d’interdire de vendre (et donc de manger) les requins au motif qu’il y avait possiblement un risque pour la population d’attraper la ciguatera. Louable. Problème : malgré toutes les vaines tentatives des escrolos visant à trouver de la ciguatera dans la chair des requins pêchés dans la zone, aucun d’entre eux n’en était porteur.  Les mêmes requins continuent d’être pêchés et mangés partout dans le monde sans problème (la France est l’un des plus gros consommateur mondial) mais, à La Réunion, du fait du « principe de précaution », il faudra maintenant attendre de prouver l’improuvable, c’est à dire l’absence de risque, pour que la situation normale soit rétablie. En attendant, il est interdit de s’y baigner depuis 7 ans et l’île détient le triste record mondial du nombre d’attaques mortelles. Chapeau l’artiste !

Au même titre que des personnes innocentes sont mortes à La Réunion du fait de l’application du « principe de précaution », les entrepreneurs et les entreprises françaises mourront du fait de l’application de la loi Pacte.

Si ce projet de loi se concrétise, notre pays aura fait un bond spectaculaire en avant vers le communisme et tous les désastres économiques et humains qu’il a toujours provoqués de manière constante.

Mise à jour du 21.06.2018 :

Ce matin, sur BFM, un certain Laurent Burelle, jeune président septuagénaire de l’AFEP, un club de milliardaires fumeurs de cigares très représentatif des dirigeants de TPE/PME (ha ha ha), confirmait sa satisfaction et se réjouissait de ses changements « dans l’air du temps », preuve de ce que j’écrivais plus haut, à savoir que pour les grands et gros, tout cela est très bien ficelé et sera totalement indolore, tandis que les tous petits patrons trinquerons une fois de plus.

Mieux, l’intéressé se réjouissait de voir des salariés siéger au plus haut niveau du conseil d’administration de l’entreprise, au même titre qu’un actionnaire finalement. Evidemment, pour une bonne grosse entreprise qui compte 12 administrateurs ou plus, qui réunit son conseil tous les 3 mois avec un ordre du jour cadré, préparé par avocats, juristes, comptables et commissaires aux comptes pour être d’une complexité rare, la présence d’un salarié sera du plus bel effet sur la photo de famille mais sans aucun effet sur la gouvernance.

Mais qu’en sera t’il de la TPE/PME qui compte quelques administrateurs seulement, gère des sujets sensibles, stratégiques et vitaux dont elle doit absolument conserver la confidentialité, y compris vis à vis de son personnel ? Comment la présence d’un salarié parmi un petit conseil d’administration peut-elle créer des situations de blocage ou de tensions en faisant basculer les équilibres qui existaient entre les actionnaires au moment de la création de l’entreprise ?

La réponse elle est dans la question, papy Burelle, il s’en fout !

 

Les commentaires sont fermés.

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :