Le débat sur l’exit-tax fait rage avant d’avoir commencé

Une immense majorité de français ignorait hier encore l’existence de l’Exit Tax, et la plupart d’entre eux ne sait toujours pas en quoi elle consiste. Quand à son fonctionnement dans la pratique, je serai amusé d’entendre les responsables politiques qui sont si prompts à intervenir, nous l’expliquer.

Peu importe. L’idée de supprimer une taxe en France est toujours vécue comme un acte injuste, un cadeau fait « aux riches », une mesure « ultra-libérale » … toutes choses qui ne manquent pas de réveiller les socialo-communistes toujours prompt à taxer plus plutôt qu’à se remettre en cause, réformer les institutions et ce faisant tenter de les rendre plus efficaces.

En France, avoir réussi et s’être constitué un patrimoine malgré les charges, taxes et tracasseries administratives, c’est mal. Vouloir et pouvoir être libre, c’est un véritable scandale.

A peine l’annonce faite par Emmanuel Macron de vouloir supprimer cette taxe idiote en 2019, voila que la Martine (qui n’a jamais créé la moindre entreprise ni produit la moindre richesse mais qui a minutieusement saccagé l’économie avec ses 35h) sort de sa torpeur pour s’offusquer, aussitôt reprise et suivie par le tragicomique Olivier Faure, le nouveau secrétaire du parti socialiste, un rigolo de plus qui n’a jamais rien produit non plus et qui a tout de même réussi l’exploit de mettre son parti en faillite avec l’aide de ses copains, dont la Martine d’ailleurs.

Qu’est-ce que c’est que l’Exit Tax au fait ?

Un dispositif fiscal instauré par Sarkozy, repris et « amélioré » par Hollande qui consiste à vous taxer au moment de votre départ de France. J’ai déjà eu l’occasion de parler de l’Exit Tax ici : Le difficile choix d’un pays d’expatriation.

Non mais c’est vrai, quoi ! Vous avez créé une entreprise, risqué votre argent pour ce faire, profité d’aucune assurance chômage parce que vous étiez patron (bien fait pour vous !), subi le harcèlement du RSI, durement travaillé, payé charges, impôts et taxes (parmi les plus élevées au monde) sans pouvoir revendiquer de retraite, et vous décidez de partir vivre à l’étranger pour des raisons qui vous appartiennent.

Mais il n’est pas question qu’on vous laisse partir comme ça ! Vous prendrez bien une dernière petite taxe pour la route ?

Pour ce qui me concerne, le sujet est déjà derrière moi et je m’en félicite, d’autant que comme vous aurez pu le lire, je n’ai pas eu à la payer ni à donner de garanties, puisqu’ayant déménagé au sein de l’union européenne. L’administration fiscale m’a donc cassé les pieds, pour le dire poliment, à remplir des formulaires inutiles qui ne lui rapporteront rien, tandis que des fonctionnaires ont été affectés eux aussi à l’étude puis au suivi pour 15 ans d’une déclaration improductive en terme de rentrées fiscales.

Chouette, dira la CGT : ça crée des emplois et peu importe si ils ne servent à rien, bien au contraire d’ailleurs.

Je suis convaincu que la majeure partie des candidats à l’expatriation procèdent comme je l’ai fait, si bien que l’Exit Tax ne rapporte quasiment rien, si ce n’est qu’elle donne à juste titre le sentiment aux uns de pouvoir punir et se venger des « riches », et aux autres, le sentiment d’être encore une fois pris en otage dans un pays qui refuse à ses citoyens le plus élémentaire des droits, à savoir la libre circulation des biens et des personnes, les motivant du coup davantage à le fuir.

Techniquement, Macron a raison, politiquement, c’est moins sûr dans un pays qui refuse de raisonner de manière pragmatique, à la recherche de l’efficacité, mais qui préfère de loin une idéologie socialo-communiste mise en pratique sans discontinuer depuis Mitterand, période depuis laquelle le pays court à sa faillite. Les socialos vous diront que c’est parce qu’ils n’en ont pas fait assez que ça na pas fonctionné. C’est bien connu, quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut en faire toujours plus 😉

Ce que je note et que je retiens, au delà du débat idéologique fratricide et stérile, c’est que la France réfléchit à trouver un moyen de taxer les expatriés après avoir été empêchée de leur imposer la CSG et, à défaut pour le moment de pouvoir taxer ses ressortissants sur leur nationalité comme le font les américains, les USA étant à ma connaissance le seul pays du monde à taxer ses citoyens sur leur nationalité, où qu’ils vivent.

Je suis donc très inquiet lorsque je lis ceci ici :

Conscient de ces préoccupations, le Premier ministre a confié à Anne Genetet, députée des Français établis hors de France (Asie Océanie) une mission parlementaire auprès de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Objectif : offrir de meilleurs services pour les résidents expatriés, tout en respectant les principes de droit auxquels ils doivent se soumettre. Cette mission parlementaire a ainsi pour objet d’évaluer et de faire des recommandations sur :

• la fiscalité (régime des prélèvements obligatoires) applicable aux citoyens français non-résidents, assortie de comparaisons internationales.

• L’accès aux prestations de sécurité sociale des citoyens français non-résidents, notamment en lien avec la situation de la caisse des Français de l’étranger.

• La simplification en cours de l’accès aux services publics,

• Les conditions de retour en France pour les Français non-résidents.

Traduisez « offrir de meilleurs services » par « instaurer une nouvelle taxe par tous moyens » et vous saurez ce à quoi cette « mission » conduira immanquablement.

Ma résolution est prise, je vais entreprendre d’obtenir une seconde nationalité et, peut-être, le moment venu, abandonner la nationalité française. Il existe une foultitude de pays qui proposent d’en devenir citoyen, ont des accords internationaux permettant de voyager sans visa dans la majeure partie des pays qui m’intéressent, sans pour autant prendre leurs ressortissants en otage. Je sais bien, vu de France, un pays qui laisse des libertés (et donc des devoirs et responsabilités) à ses citoyens plutôt que de les traiter comme les moutons qu’ils sont majoritairement contents d’être, c’est nécessairement suspect.

A suivre …

Exit_Only_-_Arrows_Left.svg

Un commentaire sur “Le débat sur l’exit-tax fait rage avant d’avoir commencé

  1. Je découvre votre site aujourd’hui avec plaisir.
    A propos d’exit-taxe vous avez raison, c’est un impôt sans rendement :

    Le Conseil des prélèvements obligatoires avait récemment évalué le rendement de l’« exit tax » à 800 millions par an. Mais il s’agit de l’impôt théoriquement dû au regard des plus-values latentes. Les recettes effectivement perçues atteignent à peine 100 millions en tout depuis 2011, indique Bercy.
    Source: Les Echos

Les commentaires sont fermés.

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :